Choisir la photo : l’expression d’abord
Avant même la netteté de l’image, choisissez l’expression que vous voulez garder. Un portrait tatoué fige un seul instant : un éclat de rire, comme ce Bob Marley sur la cuisse, ou un regard plus grave. Si vous hésitez entre plusieurs photos, envoyez-les toutes et dites-moi laquelle ressemble le plus à la personne telle que vous la voyez.
Vérifiez ensuite les yeux : ils doivent être visibles et nets, sans lunettes de soleil, sans reflet sur les verres, sans l’ombre d’une casquette. Méfiez-vous des selfies pris à bout de bras, car de si près la perspective grossit le nez et resserre le visage. Une photo prise par quelqu’un d’autre, à deux ou trois mètres, respecte bien mieux les proportions. Quant au mode portrait du téléphone, qui floute l’arrière-plan, il brouille souvent le contour des cheveux.
Enfin, demandez le fichier d’origine à la personne qui a pris la photo et n’appliquez aucun filtre : sans ses rides, son grain de peau et ses petites asymétries, un visage perd ce qui le rend reconnaissable.
Photos anciennes : ne les faites pas « restaurer »
Pour un proche disparu, on ne dispose souvent que d’une photo ancienne. C’est d’après une photo d’époque que j’ai réalisé ce portrait de femme à l’intérieur du bras, présenté à côté de l’original. Scannez la vôtre, ou photographiez-la bien à plat, à la lumière du jour, sans reflet ni déformation.
Envoyez-moi ensuite ce fichier sans le retoucher. Les applications qui « améliorent » ou colorisent les photos anciennes réinventent les traits : le visage gagne en netteté, mais ce n’est plus tout à fait celui de la personne. Je préfère partir de l’image authentique, même abîmée, et traduire son grain en dégradés doux. Si vous avez d’autres photos de la même personne, à d’autres âges, joignez-les : elles m’aident à comprendre la forme du nez, de la bouche, des paupières.
La taille qui compte, c’est celle du visage
Une coiffe de plumes, un paysage ou un animal peuvent prendre beaucoup de place autour d’un portrait. Mais si le visage lui-même est trop petit, les yeux et la bouche se brouillent avec les années, et c’est la ressemblance qui s’efface la première.
Quelques repères tirés de mes pièces, mesurées dans leur ensemble : le portrait de femme à l’intérieur du bras fait environ 18 × 12 cm, le visage de la Vierge de la Pietà 22 × 10 cm sur l’avant-bras, la femme amérindienne et sa coiffe 30 × 15 cm sur le haut du bras. Le chef amérindien, prolongé par un cavalier, occupe une demi-manche d’environ 32 × 18 cm. Si la taille que vous imaginez me paraît trop juste, je vous le dirai et vous proposerai d’agrandir la pièce ou de resserrer le cadrage sur le visage.
Où placer un portrait
Un visage demande une surface plutôt plane et stable : l’avant-bras, l’intérieur ou l’extérieur du bras, l’épaule, la cuisse. J’évite de placer un œil ou une bouche sur un pli ou une articulation, où le moindre mouvement déformerait les traits.
Le choix est aussi intime. Sur l’avant-bras, vous verrez le portrait chaque jour ; à l’intérieur du bras ou sur la cuisse, il reste plus discret, et vous choisissez à qui le montrer.
Le sens du regard se décide avec l’emplacement. Je peux retourner une photo en miroir pour que le visage se tourne du bon côté, mais aucun visage n’est symétrique : la raie des cheveux, un grain de beauté, un sourire un peu de travers changent alors de côté. Pour le portrait d’un proche, nous en décidons ensemble avant le dessin. Joignez à votre demande une photo de l’emplacement, cadrée sur cette seule zone, sans votre visage.
Un portrait en hommage
Beaucoup de portraits rendent hommage à un parent, à un grand-parent, à un ami disparu. Je prends le temps de lire ces demandes et d’y répondre moi-même. Dites-moi ce qui compte pour vous : une expression, des lunettes, une coiffure, le détail à garder absolument. Si la photo ne permet pas un portrait fidèle, je vous le dis avant toute réservation, plutôt que de vous laisser espérer une ressemblance que je ne pourrais pas obtenir.
Un visage seul se réalise souvent en une longue séance ; ma proposition vous indique la durée estimée, le nombre de séances et le prix.
Le portrait de l’un de vos proches n’apparaît dans mon portfolio qu’avec votre accord écrit. Sans cet accord, les photos de votre projet restent confidentielles et sont supprimées à l’issue de la durée de conservation prévue.
Personnalités, statues et figures sacrées
Tous les portraits ne sont pas ceux d’un proche. Je tatoue aussi des personnalités, Bob Marley par exemple, et des figures plus symboliques, comme cette guerrière coiffée d’une tête de jaguar ou le chef amérindien de la demi-manche.
Une statue se travaille autrement qu’un visage vivant. Pour la Vierge de la Pietà de Michel-Ange, le Neptune ou ce visage de Bouddha, je ne rends pas une peau mais du marbre ou de la pierre : le poli en dégradés très lisses, le grain et les fissures, des volumes modelés par l’ombre. Les œuvres célèbres ont un avantage, elles ont été photographiées sous tous les angles. Choisissez une vue où la lumière sculpte la pierre plutôt qu’un cliché de face, à l’éclairage plat.
Pour le portrait d’une personnalité, d’après une photo de presse ou le travail d’un photographe, dites-moi d’où vient l’image : je m’en sers comme point de départ plutôt que de la reproduire telle quelle.







